Un mur fini se ressemble partout. Ce qui est dessous, non.
Chaque chantier est décrit ici comme on le décrit sur un devis : état du support, préparation engagée, système appliqué, couches, délais tenus.
Les chantiers présentés sont des exemples de mise en œuvre. Ni le lieu, ni le commanditaire ne sont indiqués.
Séjour et couloir, plâtre ancien qui farinait.
Le mur laissait de la poudre au doigt : un plâtre ancien devenu pulvérulent sous plusieurs peintures successives. Repeindre par-dessus aurait tenu six mois. On a brossé, testé la cohésion sur trois zones, puis appliqué un durcisseur en profondeur avant toute chose.
Le ratissage a demandé deux passes croisées d’enduit de lissage, avec ponçage à l’abrasif fin entre les deux, et un dépoussiérage complet avant l’impression. La finition n’a été ouverte que le lendemain.
Le ponçage n’est pas une finition : c’est ce qui rend la couche suivante possible.
Chambre, badigeon de chaux sur enduit neuf.
Enduit de plâtre neuf, encore en train de finir sa prise. On a attendu que le support soit sec à cœur avant d’intervenir : un badigeon posé sur un fond humide tache en séchant, et la tache ne part pas.
Le badigeon a été monté en trois lavis de plus en plus chargés, appliqués à la brosse ronde en gestes croisés. La teinte définitive n’apparaît qu’au séchage complet : à l’application, elle est nettement plus foncée que le résultat.
Boiseries et portes, laque satinée sur ancien vernis.
Portes à panneaux, plinthes et huisseries recouvertes d’un vernis brillant en place depuis longtemps. Une laque posée directement dessus n’accroche pas : elle se décolle à l’ongle au premier hiver.
Ferrures déposées, poignées comprises — on ne peint pas autour d’une ferrure, la ligne se voit toujours. Le vernis a été matifié à l’abrasif, dégraissé, puis recouvert d’un primaire d’accrochage. Deux couches de laque satinée ensuite, avec égrenage à la main entre les deux : c’est ce geste qui donne le toucher lisse.
Sur une boiserie, ce qui se remarque n’est pas la couleur : c’est le toucher et la netteté de l’arête. Les deux se jouent avant la dernière couche.
Plafond de salle de bains, reprise après condensation.
Cloques et auréoles sur un plafond de pièce humide mal ventilée. Le problème n’était pas la peinture : il était dans l’air. Repeindre sans traiter la cause revient à refaire le même chantier l’année suivante.
Les parties décollées ont été grattées jusqu’au fond sain, les traces neutralisées, le fond rebouché puis poncé à fleur. Finition spécifique pièces humides, deux couches. La ventilation a été signalée au propriétaire avant le début des travaux : c’est un autre métier que le nôtre.
Une reprise de plafond en pièce humide ne tient que si la ventilation est réglée. C’est écrit sur le devis, en toutes lettres.